IVe Corps d'Armée Français

Forum du IVe Corps d'Armée Français de reconstitution sur M&B: NW


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PostPost subject: Perdu en guerre
Posted: December 7, 2017, 11:54 am 

Perdu en Guerre



  Hors RP : ceci est mon histoire NW en mode RP, je m’excuse en cas de possible anachronisme ou autre faute grave ! je ne compte pas faire un full RP, certaines petites choses seront plus que probablement illogique si ce n’est fausse dans le simple but de simplifier le récit. Ne m’en tenait pas rigueur svp :D.






L’histoire que je m’en vais vous conter n’est point ordinaire, je m’apprête à vous narrer une histoire ayant eu lieu en un autre temps dans un autre lieu.

Cette histoire est celle d’un jeune homme né en un temps qui n’était pas le sien, se battant pour une contrée qui n’était pas la sienne mais pour laquelle il était prêt à mourir.


16 Frimaire de l’An XXIV

   Quatre ans, quatre longues années de combats, de souffrances, de joies, de tristesses, de camaraderies, de tromperies…
Quatre ans pour quoi ? qu’ai-je accompli en tant d’années ? quel but ai-je donné à ma vie ?
Certains diront qu’ils se battent pour la gloire, d’autre pour l’argent, d’autre pour la simple vue du sang…
Mais au fond tout le monde veut toutes ces choses à la fois, seule la façons dont nous daignons montrer notre soif de pouvoir et de sang change d’un homme à un autre.

« Mon cœur et à toi, mon sang à l’Empereur, ma vie à l’Honneur »

  J’avais entendu cette phrase d’un camarade l’ayant lui-même entendu je ne sais où, à l’époque je pensais que ça venait d’un général pompeux, « encore un gradé pétant plus haut que son cul oui ! » Mais je dois admettre que j’aimais cette phrase, elle est pleine de valeurs qui encore aujourd’hui me correspondent, résonnent en mon âme.

Aujourd’hui je suis un Hussard, fier cavalier de l’Empire, me battant pour mes principes et mes proches. Je ne suis certes qu’un pion dans les rouages de la guerre, dans les mains de l’Empereur, mais j’aime croire que chaque pion est capable d’altérer le cours de cette guerre.

  Je n’ai pas toujours eu cette vision des choses, quatre ans ça vous change un homme ! en quatre longues années j’eu l’occasion d’apprendre bien des choses, j’eu l’occasion de me forger ma propre personnalité, ma propre vision du monde. Alors arrêtons de palabrer et commençons ce récit ! je commence à l’écrire durant le temps de pause qui m’est alloué, je l’écrirai donc dès que l’occasion se présente à moi et que l’envie me prend…

Je suis actuellement assis dans ma tente que je partage avec deux autres cavaliers, Dorian, « Wolf », et Zachary, « Zak ». Ils sont encore tous deux à l’entrainement, Zak est encore une recrue malgré le fait qu’il l’était déjà lors de mon arrivée dans le régiment (ce qui en dit long sur le personnage). Zak est un alcoolique avéré et un soldat des plus chanceux, ou peut-être est-ce l’alcool qui lui donne cette impression de maladresse constante ? Wolf quant à lui est plus discret mais est redoutable sur sa/son (in)fidèle monture, un bon élément du régiment malgré son jeune âge. Il n’y a pas à dire que je préfère avoir ces deux gaillards à mes côtés plutôt qu’en face, de plus ce sont de très bons camarades.

Notre tente n’est point bien grande, suffisamment pour contenir nos trois couchettes ainsi que l’espace de séparation réglementaire entre chaque couchette instauré par l’Adjudant (afin d’éviter de malheureux accidents dit-il…) mais pas de place pour le moindre meuble.
Ainsi suis-je assis sur ma paillasse écrivant ces mots comme je le puis. Le soleil ne va pas tarder à se coucher aussi arrêtons de palabrer et commençons ce récit ! je commence à l’écrire durant le temps de pause qui m’est alloué, je l’écrirai donc dès que l’occasion se présente à moi et que l’envie me prend…

18 Frimaire de l’An XXIV

 
A peine ai-je écris ces mots que le Michel ordonnait le rassemblement, nous attaquâmes un convoi autrichien ayant eu le malheur de passer dans les parages. Nous les massacrâmes sans état d’âme, malheureusement ils eurent l’un des nôtres et deux chevaux. Je ne connaissais pas son nom mais j’eu l’occasion de voir son visage, il était vieux, probablement l’un des plus vieux d’entre nous, le visage basané et la barbe blanche et longue. Certains le prenait pour un sorcier avec une pareil barbe mais il n’était qu’un simple mortel comme chacun d’entre nous.
L’ambiance fut maussade au camp et je ne pus me résigner à écrire de nouveau, mais aujourd’hui je me fais une raison et reprend mon histoire :

Je m’engageai le 21 Frimaire de l’An XVI, j’avais 16 ans à l’époque, jeune et influençable, mais surtout en quête de compagnie et de bonne aventure. Un jeune colonel charismatique (ou du moins le pensai-je à l’époque) nommé Joseph Breissand (aussi appelé Zarger par ces hommes) me fit signer dans un régiment de la ligne, le 35e.

Ah ! Ce que nous étions beaux ! dans nos uniformes flambant neufs, nos fusils luisants au soleil et nos voix chantant des chants révolutionnaires ! Nous rêvions de gloire et de batailles ! Insultant les autrichiens de chiens, les russes d’alcooliques ignares, les anglois de lâches et de fourbes !
Ah ! Ce que nous étions beaux à marcher au pas en formations sur les routes pavées menant au front !

Bientôt nous vîmes un escadron prussien venant à notre rencontre par la gauche, là où la route laissait place à une plaine surmonté d’une légère bute. Nous nous pensions prêts à éclaircir leurs rangs, à les trucider, les éventrer sans avoir une seule perte, nous nous pensions tel un ouragan déferlant sur une pauvre barque…
Nous nous mîmes en ordre de bataille, bien plus lentement que prévu, face à l’ennemi sans nous rendre compte qu’ils prenaient possession de la hauteur.

Ils tirèrent en premier, nous nous fîmes décimer… ripostant avec de maigres salves semblables à des crachats. Des hommes des premières lignes tombèrent sous la pluie de mort qui nous assailli, nous étions sous le choc, la bouche pendante, les yeux rivés sur leurs fusils, attendant la mort.
Nous subîmes une autre salve et d’autres faces embrassèrent la terre, l’odeur de la poudre et du sang envahissaient l’air se mélangeant avec celle de la sueur émanant des hommes serré en rang autour de moi, donnant naissance à ce que je pris comme étant l’odeur de la mort elle-même.

Au moment où l’espoir avait disparu et où à chaque instant la ligne aurait pu se briser, sonnant notre ruine, l’étendard s’élança, suivi d’un homme, puis d’un autre.
La ligne entière se mit en mouvement telle une vague vers l’ennemi, poussés par le désespoir et la rage nous faisions fi de la mitraille, parcoururent la distance nous séparant d’eux et arrivèrent au contact. L’impact fut telle la vague sur un rocher, nous luttions fusils contre fusils à un contre trois et nous perdions, nous nous battions pour survivre corps contre corps et nous reculions, un pas après l’autre.

Quand soudain, le sol se mit à trembler, ce qui semblait n’être qu’un léger frémissement devint une secousse puis un fracas complet ! Je n’en croyais pas mes yeux, devant moi, derrière les prussien, une mer d’acier en mouvement s’abattait sur l’ennemi. Tranchant, piétinant, massacrant, une troupe de cuirassiers se frayait un chemin au sein des troupes adverse dans un bain de sang.
C’était trop beau, trop irréel pour que je puisse y croire, j’étais estomaqué devant ce spectacle lorsque l’homme à ma droite poussa un cri bestial d’une puissance phénoménal, je repris le cri et d’autres à ma suite. L’espoir était de retour, nous ne nous battions plus pour la survie mais pour la victoire et la vengeance ! Ne pouvant reculer, ils furent de plus en plus nombreux à tenter de rejoindre les flancs et de disparaitre dans la nature. Nous repoussâmes ces prussiens et la bataille s’acheva sur leur fuite.

Mais à quel prix… je me souviens errer entre les morts, culbutant sur leurs membres épars, pleurant toutes les larmes de mon corps mes nouveaux camarades morts les premiers, ceux qui seront oubliés. Je me souviens que l’on m’emmena dans une tente faisant office d’infirmerie et que l’on pensa une blessure que j’avais reçu au flanc, je ne m’étais même pas rendu compte de cela. L’air y était lourd de l’odeur du sang et de la chair cautérisée, je ne gardai pas d’excellent souvenirs de ce court séjour chez les blessés et encore aujourd’hui il m’arrive d’y repenser.
Au camp l’ambiance était maussade, nous avions gagné ! mais nos rêves de gloires étaient morts avec nos camarades, chacun était affecté différemment, certains erraient dans le camps les yeux vides, le visage blafard. D’autre buvaient et fumait plus que de raison, causant des troubles partout où ils le pouvaient. D’autres encore restaient seuls et pleuraient dans leurs coins, regrettant les bons moments qu’ils avaient vécu et ne pensant pas pouvoir vivre de nouveau heureux.

Je ne fis pas exception à la règle et resta dans ma tente durant deux jours, buvant et mangeant difficilement, des camarades tentèrent de me soutenir en vain. Au bout du troisième jour l’ordre de marche n’était toujours pas arrivé, je me mis à vagabonder dans le camp. Maintenant que j’y repense ce camp n’avait rien de bien glorieux, il ne me fallut pas plus de cinq minutes pour en atteindre le bout, j’en fis donc le tour perdu dans mes pensées. Jusqu’au moment où j’arrivai au camp des cuirassiers, celui-ci m’apparut plus ordonné que le nôtre et l’ambiance nettement plus gaie (ouioui), j’appris que c’était le 9e Cuirassier et qu’ils étaient en routes pour nous rejoindre à un point de ralliement qui était un kilomètre plus loin, ne nous voyant pas arriver ils vinrent à notre rencontre et purent ainsi arriver dans le dos des prussiens.
Je me mis à les observer, et plus je regardais leurs armures scintillantes et leurs sabres me paraissant gigantesque, et plus je me mis à les envier, je me pris même à espérer pouvoir rentrer dans leurs rangs.

Mais la réalité me rattrapa en la personne du caporal qui me botta le cul, m’insultant de tous les noms et me priant de bien vouloir rejoindre le camp pour effectuer mes corvées.


  Ceci n’est que le début de cette bien piètre histoire, il me reste bien des choses à-vous conter mais je dois arrêter mon récit ici, il se fait tard et demain nous bougeons le campement. Une nouvelle journée de chevauché me ferra le plus grand bien !

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Last edited by Rhealder on December 12, 2017, 4:53 pm, edited 3 times in total.

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 7, 2017, 2:29 pm 

C'est sympa, ça donne envie de lire la suite.

Ceci dit, je t'invite à te relire comme je te l'ai déjà signalé, pour corriger les fautes d'orthographes qui gâchent l'admirable chaos.

Et sur ce coup, je ne suis pas sûr de moi mais il me semble que les cuirassiers ne faisaient pas d'éclairage, ni de chasse quelconque puisque c'était une cavalarie de choc et qu'on utilisait surtout les chasseurs à cheval pour les éclairages tactiques. Mais c'est peut-être arrivé dans l'histoire, qui sait.

Mais j'ai bien compris que c'était pour le récit et que tu ne te penchais pas forcément sur la vision purement historique :-)))

Suite !

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 7, 2017, 3:12 pm 

A ce que j'ai compris je vais vais donc relire ! :P
Pour les cuirassiers j'en suis bien conscient !
Mais comme je l'avais dit je me dois de faire quelque petite entorses à l'histoire afin de coller avec l'histoire que j'ai vécu sur NW :)

Je travaille sur la suite des que je peux !

:up: : j'ai essayé de corriger le texte, si vous voyez des fôtes d'orrtogrfes n'hésitez pas à me le faire savoir !
et j'ai aussi rendu plus plausible la venue des cavaliers ;)

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 7, 2017, 10:54 pm 

Moi j'aime bien c:

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 8, 2017, 7:00 am 

ReiKor wrote:
Moi j'aime bien c:


Merci :3

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 8, 2017, 10:32 am 

7/10 pour l'effort, il nous faut plus de RPs

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 8, 2017, 11:34 am 

On dis éclairage ou reconnaissance? Mdrrrr

Sinon GG pour ton histoire

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 8, 2017, 2:21 pm 

Exeter-le-bg wrote:
On dis éclairage ou reconnaissance? Mdrrrr

Sinon GG pour ton histoire



Merci :3
les deux se disent il me semble !

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 8, 2017, 10:16 pm 

Rhealder wrote:
Exeter-le-bg wrote:
On dis éclairage ou reconnaissance? Mdrrrr

Sinon GG pour ton histoire



Merci :3
les deux se disent il me semble !


Oui pour les électriciens :gni:

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 9, 2017, 8:52 pm 

Exeter-le-bg wrote:
Rhealder wrote:
Exeter-le-bg wrote:
On dis éclairage ou reconnaissance? Mdrrrr

Sinon GG pour ton histoire



Merci :3
les deux se disent il me semble !


Oui pour les électriciens :gni:


Je suis sans voix xD

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 12, 2017, 5:01 pm 

sorry double post :p

j'ai mis a jour la première partie avec plus de détails comme certains me l'ont demandé !

la suite avance elle sortira la semaine pro je pense !

enjoy :ok:

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PostPost subject: Re: Perdu en guerre
Posted: December 22, 2017, 9:20 am 

Partie II



25 Frimaire de l’An XXIV

Au moment même où je commence à écrire c’est premiers mots, la faible chaleur de la tente commence à me réchauffer. Cela fait deux jours que la neige tombe en masse, créant un mur de flocon blanc où il est impossible de voir au travers. Cela fait une semaine que je n’avais pas écrit, une semaine où nous voyageons toujours plus à l’Est. Nous avons reçu l’ordre de partir en reconnaissance afin de s’assurer que le reste du IVe corps ne tombe pas dans une embuscade, une mission de routine me disais-je. Mais maintenant que je vois ce blizzard je ne sais plus quoi en penser, d’un côté l’ennemi est dans l’impossibilité de nous voir, mais c’est valable pour nous aussi…
Enfin soit, m’apitoyer sur mon sort ne changera rien, autant occuper mon temps utilement, il me faut continuer mon récit :


Nous restâmes trois jours de plus afin de finir d’ensevelir nos morts et de les honorer comme il se doit. A l’aube du quatrième jour, l’ordre de marche tonna enfin, mieux valait marcher et oublier plutôt que d’attendre et de se lamenter. Accompagné du 9e Cuirassier, le 35e de ligne était censé prendre possession d’un village que j’imaginai d’une importance vitale pour notre effort de guerre. Au début, le voyage fut contraignant, l’humeur maussade et l’atmosphère sombre, ni chants ni plaisanteries ne sortirent de nos bouches. Jusqu’à ce qu’un cuirassier rompe le silence, entonnant un chant, il fut bientôt suivi du reste de sa troupe qui chantèrent à sa suite :

« Au milieu de la bataille,
Sur les étriers de leurs grands chevaux,
Grisés par le sang, la mitraille,
Les cuirassiers chargent au galop.

C’est la charge, c’est la foudre,
C’est l’assaut dans le sang et dans la poudre,
L’ennemi s’enfuit, l’épée dans les reins,
Laissant tous ses morts sur le terrain.

Les cuirassiers sur les étriers
De leurs grands chevaux,
Pour mieux boire à la victoire
Remettent vivement leurs sabres au fourreau »

Ce simple chant nous permit d’oublier les horreurs de la guerre qui deviendrait bientôt notre quotidien, ces simples paroles nous permirent de continuer la route avec entrain, de ne pas sombrer dans les ténèbres.
Pendant le chant j’observa le cavalier l’ayant lancé, il était plus grand que la moyenne, portant une noire moustache imposante, les trait carrés, les yeux vifs et le nez droit. Il y avait comme une aura d’importance qui gravitait autour de lui, de par ses galons je devinai qu’il était gradé, j’appris plus tard qu’il était maréchal des logis.

Notre progression fut rapide, nous avions beau connaitre le sort funeste qui nous attendaient mais notre désespoir s’était changé en colère, une colère sourde, froide comme l’acier. Nous voulions en découdre. Une volée de corbeau commença à nous suivre, j’imagine qu’ils devaient sentir notre envie de sang, oui, bientôt ils festoieraient.
La route se fit sans encombre, au bout de trois semaines de marche rapide nous arrivâmes au dit village, Lengerich. La veille de l’attaque, on nous dit qu’au dernier rapport une troupe infime de prussien gardait le village. Je me souviens étant assis au coin du feu avec mes camarades de l’époques, il y avait ce jeunot que l’on appelé « Treize » dû au pendentif portant ce chiffre qu’il avait au cou et qu’il trifouillait sans cesse, il y avait aussi Adrien taillant un morceau de bois avec son couteau, il avait toujours une tête minable, le pauvre avait des problèmes de santé. Je ne parviens malheureusement pas à me rappeler des autres, toujours est-il que nous parlions gaiment, plaisantant et riant ! nous pensions, ou espérions que les prussiens se rendrait le lendemain à la vue de nos couleurs.

L’air était empli de l’odeur du boillon qui mijotait au-dessus du feu crépitant, j’étais perdu dans mes pensées, tentant de déduire comment sera la prochaine journée, l’ennemi se rendra-t-il ? seront nous acclamés ? allais-je mourir ? c’est alors que alors que je vis un autre feu un peu plus loin, il était entouré de cuirassiers, ils avaient tous l’air grave et tendu, ils avaient l’air de parler de la bataille qui s’annoncée. « Cela ne va pas être simple », ais-je alors pensé.

L’aube se leva, nous avançâmes en rangs serré en direction du hameau, le plan était simple de ce que j’avais entendu dire, on entrait par l’entrée principale et on continuait jusqu’à ce que l’on rencontre une quelconque résistance. Le 35e avança en premier suivi par les Cuirassiers, nous entrâmes sans que quiconque ne nous défie, les quelques villageois qui étaient dehors s’empressèrent de rentrer chez eux. Le village était simplement constitué, les bâtisses étaient faites de bois, de pierres et de chaumes, elles étaient quelque peu organisées afin de laisser passer une route de terre permettant au peu de marchand de passage de circuler dans le village.
Nous avancions en groupe de trois rangs de dix hommes chacun avec un espace d’un rang entre chaque groupe, la tension était palpable, l’homme à ma gauche n’arrivait pas à garder la cadence et manqua de trébucher trois fois. Je n’étais pas à l’aise non plus, je faisais parti du deuxième groupe, deuxième rang et pourtant j’avais l’impression que l’on m’observait précisément, depuis les fenêtres. Mon instinct me criait de partir de ce traquenard le plus rapidement possible, mais je ne pus me résigner à briser les rangs, mon honneur et ma discipline prévalant.
Nous débouchâmes sur une place, le centre du village me semblai-t-il, tout de suite je sus que quelque chose allait arriver. En nous rapprochant je vis alors que la route devant nous était bloquée par un amoncellement de chariot et de meubles, on apercevait des éclats métalliques à intervalles régulier au-dessus de ce qui s’avérait être une barricade.

Et ce qui devait arriver, arriva. Un cri retentit : « Für den Kaiser, FEUER ! », suivit par une série de détonations et des cris d’agonies venant de nos premières lignes. L’officier commandant notre groupe réagit instinctivement à la vue de l’embuscade : « RESTEZ EN POSITIONS ! Premier rang genou à terre, en joue, FEU ! », étant du deuxième rang je vis mes camarades mettre le genou à terre devant moi, je calai mon mousquet contre mon épaule, tirai le chien, je visai la barricade et pressa la détente.
La détonation retentit dans mes oreilles et la fumée m’aveugla un instant, j’entendit vaguement notre officier beugler un ordre avant de se faire exploser la cervelle par une balle perdue, je vis le reste de mon groupe se disperser, cherchant visiblement une couverture contre les tirs ennemis. Le problème étant que notre côté de la rue était sans obstacles, les prussiens ayant tout pris de leur côté…
Je trouvai refuge contre un porche au moment où une balle ricocha contre ledit porche, j’évitai de justesse l’éclat et me plaqua contre la porte, la largeur du porche couvrait à peine mon corps, je restai là quelques instants, haletant, tremblant. Ma vision était troublée par le mélange de peur et d’adrénaline qui coulait en moi, je parvins à comprendre que toute la colonne était en train de briser les rangs, Ah ! elle est belle la fière armée Française ! A quoi pensaient-ils en nous envoyant au casse-pipe ainsi ?!

C’est alors que je sentis quelque chose, un tremblement familier dans le sol : « Place ! Faites place ! » entendis-je en me retournant et commençant à voir les cuirassiers arriver sur notre position, le tremblement se transforma en fracas au moment où ils s’élancèrent à la charge. Passer le moment d’émerveillement, je me rendis compte d’une chose : autant charger des ennemis de dos alors qu’ils sont en combats est compréhensible, autant charger de front une barricade fermement défendue avec des baïonnettes est suicidaire !
Mon soulagement à la vue des cavaliers se transforma en une angoisse sans nom, ils allaient se faire trucider ! je les vis progresser au ralenti avec horreur, lorsqu’ils passèrent à côté de moi, je vis leurs expressions, fermes, décidées ; je croisai le regard de l’un d’eux, il était terrifié, mais à la vue de mon expression ahurie il sourit et me dépassa en trombe.
Ils étaient en rang compact de cinq cavaliers, étriers contre étriers, leur étendard à l’avant se gonflait au vent et le son du cor sonna la charge suivit du cri « Vive l’Empereur ! ». Les premiers firent sauter leurs chevaux au-dessus de la barricade malgré leurs cris de terreur, ils sabrèrent tout ce qui se trouva à leur portée, j’entendis les cris des prussiens désorganisés face à une telle attaque.

Malheureusement un cavalier ne sut faire franchir la barrière à sa monture qui s’affola et empêchât les autres de passer, bientôt la panique se répandit de notre côté du village, et l’avancée des cuirassiers s’arrêta. Je ne pouvais plus distinguer ce qui se passait tellement la confusion était grande, les cris et hurlements fusaient de partout, le bruit de l’acier frappant contre l’acier retentissait dans les rues, c’était le Chaos.
Un officier tentât de nous regrouper, mais dans cette cacophonie, il y avait peu de chance pour qu’il y arrive, finalement devant son impuissance, il sonna la retraite. L’ordre se répandit comme une trainée de poudre, les cavaliers tentèrent de se retirer en ordre sans blesser les soldats qui étaient sur leur passage. Je restai cloué à mon porche jusqu’à ce que le gros des cuirassiers soit passé, puis je m’élançai vers le reste de nos troupes qui fuyaient le village. J’eu honte, à cause de ma lâcheté, du fait que j’étais encore vivant alors que tant d’autres non, j’eu honte pour mon pays.

C’était ma première défaite.

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