IVe Corps d'Armée Français

Forum du IVe Corps d'Armée Français de reconstitution sur M&B: NW


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Inspecteur Général Aux Armées
Inspecteur Général Aux Armées
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Régiment: Commandement Général
Posted: January 2, 2014, 6:10 pm 

http://www.youtube.com/watch?v=wV0wPBYDQ6Y


Appuyé contre un arbre isolé, Juan attendait. S'allumant une cigarette de plus il commença à insulter celui qu'il attendait depuis près d'une heure. Il retira son sombrero pour essuyer du revers de la main la sueur qui s'accumulait sur son front.
Alors qu'il arrivait à bout de patience, il aperçut une silhouette se rapprochant de lui. Quand cette dernière ne fut plus qu'à une centaine de mètres de lui, il lui hurla :

- C'est pas trop tôt connard ! Tu sais depuis combien de temps j'attends que tu te pointes ?

- Ferme là Juan, j'ai fais aussi vite que j'ai pu, lui répondit l'homme en descendant de son cheval.

- T'as le matos ?

- Ouais, bien au chaud là dedans, dit-il en désignant une sacoche pendant au flanc de sa monture.

- Très bien, alors à nous la belle vie Carlos.

- Tu l'as dit Juan, en route !


Les 2 compères se mirent en selle et firent route vers le Sud, galopant dans les étendues sèches de l'Arizona.
Seuls quelques trains de passage et les habituels échanges de coups de feu venaient rappeler la présence de la "civilisation" en ce lieu.
Le soleil avait parcouru un long trajet et commençait à s'enfoncer dans l'horizon quand ils arrivèrent enfin au bout de leur voyage : Gold Valley.
Comme toutes les villes de l'Ouest, celle ci s'organisait le long d'une voie principale de part et d'autre de laquelle étaient alignés les bâtiments importants, et parmi ceux ci... la Banque.

Juan et Carlos stoppèrent leur chevaux, relevèrent leur foulard pour couvrir leur visage et, portant chacun un sac sur l'épaules entrèrent dans le bâtiment.
A cette heure ci, seul un unique guichetier était présent dans celle ci. Juan lui écrasa la crosse de son revolver au milieu du visage, l’assommant sur le coup.
Ils se dirigèrent ensuite tous deux vers le fond de la Banque, s'arrêtant devant l'énorme porte blindée du coffre. Ils se regardèrent et Juan fit un signe de tête à Carlos. Celui-ci, affichant un sourire qui dévoilait ses dents pourries, sorti un 3 bâtons de dynamite de son sac. Il en alluma les mèches et les plaça au pied de la porte.
Ils s'éloignèrent et attendirent. Quelques secondes plus tard, une explosion déchira l'atmosphère, la porte fut arrachée de ses gonds et une partie du mur vola en éclat. Les Mexicains furent soufflés par l'explosions et projetés au sol.

- T'y es pas allé de main morte enfoiré, grommela Juan en se relevant.

Carlos lui répondit d'un rire gras. Une fois sur leurs pieds, ils se précipitèrent à l'intérieur du coffre et commencèrent à remplir leurs sacs.
Après quelques minutes ils se précipitèrent hors de la banque.

http://www.youtube.com/watch?v=InGvSFAUjLw

En face de l'entrée, au milieu de la route, se tenaient 2 hommes. Le premier portait une veste courte noire et un chapeau de l'armée confédérée, le second avait une veste longue rouge foncée et un Stetson noir vissé sur la tête.
Exactement en même temps, ils dégainèrent le colt qui pendait à leur ceinture, exactement en même temps ils en pressèrent la gâchette, logeant une balle au milieu du front de chacun des Mexicains, et en même temps il rengainèrent leur arme encore fumante.

- Joli tir Red

- Joli tir aussi Billy

http://www.youtube.com/watch?v=Vza7_gRBErE



"Y'a deux types d'hommes qui ressortent d'une guerre, sans compter ceux qu'en ressortent entre 4 planches. D'un côté y'a les soldats. Les mecs se sont battus, ils ont morflé, ils ont tué, mais à la secondes ou on leur reprend leur uniforme ils redeviennent ce qu'ils étaient avant. Des gars lambda, sans histoire, sans passé ni avenir. Ils ressassent leur passage sous les drapeaux, ils en font des cauchemars, en deviennent givrés, certains vont jusqu'à se foutre en l'air, finissant le job du guignol qui se trouvait en face d'eux des mois auparavant.
Les autres, leur guerre ne se termine jamais réellement. Ceux là ne sont pas des soldats, tout juste encore des hommes. Ils sont des tueurs. Quand d'autres retournent semer du maïs après la guerre, eux continuent ce qu'ils considèrent comme leur seul et unique métier et but dans la vie: ils tuent. Pour de l'argent, pour le plaisir, ou les deux à la fois.
Pourquoi ? Parce que les combats ont prit leur âme ? Parce qu'ils sont dénués de sentiments ? Non, c'est juste que ça rapporte un gros paquet de pognon, et y'a rien de plus facile que de poser le canon de son flingue sur le crâne d'un type et de presser la gâchette.
On nous a demandé de tuer pendant 4 ans, pourquoi on s'arrêterait parce que les autres ont perdu le goût de s'écharper ?
C'est notre métier, c'est comme ça, et c'est pas plus dégueulasse que de tuer des porcs pour en faire du bacon..."




Billy tira une dernière fois sur sa cigarette avant d'en lâcher le mégot au sol. Red l'attendait devant la porte d'une petite bâtisse décrépie. Il lui fit signe de la tête et ce dernier enfonça la porte d'un coup de pied. Un homme était attablée devant un bol de ragoût verdâtre dans lequel semblait flotter ce qui ressemblait à des morceaux de patate.
Billy lui écrasa son poing sur la pommette gauche, puis, le saisissant par le col le plaqua sur la table. Il s'écarta pour laisser Red dans le champs de vision de l'homme. Il avait tiré de sa ceinture un couteau qu'il faisait danser entre ses mains. Il se rapprocha lentement de la table, et alors qu'il accomplissait sa besogne, même les hurlements des loups ne pouvaient rivaliser avec ceux de l'homme.
20 minutes plus tard Red et Billy ressortirent. Un filet de sang épais s'écoulait par dessous la porte, imprégnant la terre battue sur le sol.
Sans dire un mot, ils enfourchèrent leurs chevaux et s'éloignèrent tranquillement de la maison.





"C'est parce qu'une guerre est finie qu'on doit tout oublier ? Certains disent que oui, je suis de ceux qui pensent que non. Quand on a une mission, on l'accompli. Quand un boulanger perd sa clientèle, il arrête de faire du pain ? Non, il continue, il se perfectionne, et les acheteurs vont bien finir par revenir. Nous c'est pareil, on continue à faire ce qu'on doit faire, ça finira bien par intéresser quelqu'un qui sera prêt à cracher son pognon pour notre talent.
Quand on a une mission, on va jusqu'au bout, on nous demande de refroidir les déserteurs ? C'est ce qu'on fait? La guerre est finie ? Et alors. On expie pas ses pêchés à sa mort, seul le Seigneur décide qui mérite le pardon ou pas. Ce mec, on a décidé qu'il le méritait pas."


-Qu'est-ce que je te sers vieil homme ?

- Oh, juste une bière, pas trop remplie, j'ai la vessie fragile.

- Vu ton état y'en a une qui sera bientôt remplie, de bière... Ahah !

- Plusieurs je dirais.

- Qu'est ce que tu me chantes là le vieux ?

- Vous en avez pas entendu parler ? De cette paire de démon ?

- Explique, tu m'intéresses.

- Très bien.

http://www.youtube.com/watch?v=Poo2h3tBhnQ

Ça a commencé il y a peut-être 2 semaines. Une paire de gringos, des chasseurs de primes à ce qu'il se dit. Mais si vous voulez mon avis, ils sont bien plus que ça, ce sont pas juste des gars qui tuent pour le pognon, même s'ils doivent s'en faire un bon paquet, ils ont l'air d'aimer ce qu'ils font. Suffisait de voir le sourire de celui qu'ils appellent "Wild Gun" quand il plongeait son poignard dans la gorge de ce pauvre chicano l'autre jour.
Oui, j'ai été témoin de leurs "exploits", si on peut appeler ça comme ça. C'était pas plus tard qu'hier soir, j'étais a Louisville, dans un troquet tout ce qu'il y a de plus banal.
J'étais assis là depuis moins d'un quart d'heure quand la porte s'est ouverte, doucement, dans un long grincement strident. On aurait dit que le temps s'était arrêté, il n'y avait plus aucun bruit si ce n'était le claquement de leur bottes sur le plancher pourri. De vrais démons je vous dis, le premier, immense, vêtu de noir, avec ces cheveux blonds, sans doute pas un gars de chez nous. Et le deuxième, il avait pas l'air commode, son manteau rouge sang ne laissait rien présager de bon.
Ils sont entrés, se sont assis au bar, et ont attendu. Au bout d'une minute ou deux le barman s'est penché au dessus de son comptoir et a commencé à leur baragouiner je sais pas quoi. Il avait pas l'air content de voir 2 zozos assis là à attendre sans rien dire ni boire.
Il a gueulé comme ça 3 bonnes minutes, puis il s'est tu, il les a fixé, sa tête en tremblait de rage. Il a voulu rouvrir sa bouche pour reprendre se gueulante, mais le grand blond l'a choppé par le col et lui a collé son flingue dans le gosier. Autant vous dire que ça l'a calmé direct. Ce qui l'a encore plus calmé c'est la balle qui lui a explosé le crâne.
Faut dire que ces crétins de chicanos, sans offense, qui lui servaient d'associés auraient pas du se lever si brusquement.
Au premier de leur mouvement ça a commencé à péter. J'avais jamais vu ça, et pourtant j'en ai vu, sur les 5, 2 ont même pas eu le temps de lever leur cul de leur chaise. Abattus sur place en une fraction de seconde. 2 autres se sont fait percer le crâne, un trou net au milieu du front. Le dernier, ils lui réservaient autre chose. Les 2 dernières balles tirées étaient pour lui, une dans chaque genoux. Le type en rouge a laissé son flingue vide sur le comptoir et s'est approché de sa victime qui essayait de ramper vers la sortie. Il a tiré de sa botte un couteau immaculé, j'ai pu apercevoir le reflet de ses yeux dans la lame. Il s'est penché au dessus du pauvre gars et lui a fait sa fête.
Quand il a eu fini, il a essuyé la lame dans sa veste, on aurait même pas dit qu'elle était tâchée, la même couleur, celle du sang. Il affichait le plus grand sourire que j'ai jamais vu, et sans doute le plus effrayant.
L'autre est allé vers lui, j'en ai profité pour me tirer en douce.
D'après ce que j'ai pu voir en jetant quelques coups d'oeil derrière moi pendant que je me tirais en vitesse, ils étaient sur mes talons, peut être 10 minutes derrière moi.
Ils suivent la route depuis Daisy Town, ils ont commencé il y a 15 jours, et tous les soirs ça fini en boucherie, ils éradiquent la vermine locale en à peine quelques minutes.
Enfin bref, je vais vous laisser, je suis fatigué et mes vieux yeux en ont vu assez.



Le vieil homme se leva de son tabouret et sorti du bar, la porte se refermait lentement derrière lui, mais, alors qu'elle arrivait en bout de course, une botte l'empêcha de claquer. 2 hommes entrèrent, un grand en noir, un autre avec un manteau rouge. Ils avancèrent lentement jusqu'au bar.
Dehors, le vieil homme pressa le pas, puis posa ses mains sur ses oreilles, juste à temps...

Quand on s'engage sur cette voie faut être sûr d'être fait pour. Aucun retour en arrière possible, pas de plan de carrière alternatif. Au premier coup de feu que tu tires, au premier cadavre c'est fini pour toi, quelqu'un voudra ta peau. Quand t'as refroidi un mec et que ses frères veulent te faire la peau pour le venger, tu peux toujours aller leur expliquer que t'es reconverti dans le journalisme...

http://www.youtube.com/watch?v=SXiTeMcos3Y

- T'aurais vu le regard de ce mec quand il a vu la lame que j'approchais de sa tronche... nom de Dieu, j'avais rien vu de tel depuis Gettysburg, il s'est pissé dessus en plus l'enfoiré.

- En même temps, t'en connais beaucoup qu'auraient garder leur sang froid ? J'veux dire, t'es là, penché au dessus de ce type, un couteau quasiment aussi long que son avant bras avec lequel tu t’apprêtes à remuer ses tripes. Sans compter que tu lui as explosé les genoux juste avant. Non, moi je le comprends ce mec.

- Mouais, quand tu veux jouer au caïd ca fait pas sérieux de tout lâcher dans son froc à la moindre occasion.

- Si tu le dis Billy...

- Quand ces Yankees ont voulu nous faire la peau dans la forêt, tu t'en souviens ? T'imagines si j'avais réagi comme une lopette ? On serait pas là en train de discuter de ce Mexicain et de la fragilité de sa vessie.

- Okay, c'est bon, je dis plus rien. Maintenant fini de manger, c'est dégueu quand c'est froid ces merdes là.

- D'une part, c'est toujours dégueu, je sais même pas comment on en est pas crevé pendant la guerre, d'autre part, bordel, j'aimerais bien voir un truc refroidir dans ce putain de désert. J'arrive même plus à picoler, tout s'est évaporé avant que je sois bourré !

- Très poétique Sergent Willis, vraiment, quel professionnalisme. Non mais sans déconner, comment t'as fait pour pas te faire descendre ? On a perdu des éclaireurs, des putains de Sioux les mecs, des génies, mais toi, le moins subtil de tous les rangers à porter le Gris, toi y'a fallu que tu t'en sortes, y'a même fallu que tu deviennes un bordel de merde de héros de guerre.

- Ohé, hein, sérieusement, j'étais pas tout seul, t'étais avec moi aussi, si j'étais aussi nul, pourquoi tu m'as pas flingué ?

- Avec toi qui marchait à 15m de moi, j'étais sûr de pas attirer l'attention, tu faisais le bruit d'une armée en marche...

- C'est une technique d'intimidation... c'est psychologique comme guerre.

- Et quand tu te retrouves tout seul au milieu d'un bivouac de l'Union, c'est psychologique ?

- J'en suis pas mort.

- Et après t'es aller chanter sur tous les toi que t'avais réussi l'exploit de piquer 35 chevaux aux tuniques bleues, tu leur à raconté comment tu t'étais perdu et que t'étais tombé sur ce camp en croyant que c'était le notre ?

- Faut garder une part de mystère. Et puis bon, ok, y'en avait à peine 27, mais ils étaient presque tous en forme.

- Et tu m'expliqueras comment t'as eu le temps de ramener le scalp d'un Capitaine de l'Union en même temps...

- Bin il était là, j'ai pas cherché plus loin. J'ai sorti mon couteau et je l'ai découpé

- Il était "là" ? Genre un bon Dieu de Capitaine qu'était planté au milieu d'un campement, et qui s'est laissé scalper comme ça ?

- Non, il était avec le Colonel que j'ai ramené prisonnier, ils se baladaient, je pense, promenade digestive...

- Tu penses vraiment que les officiers font des promenades digestives au milieu de la nuit sans escorte ?

- J'ai pas dit qu'il y avait pas d'escorte, je l'ai pas scalpé 5 fois le Capitaine...

- Franchement, je sais pas comment t'as fait pour survivre... tu te perds en forêt comme le dernier des glandus, et là dessus tu ramène des chevaux, un Colonel et des scalps à plus savoir quoi en foutre...

- C'est comme ça...

- C'est sûrement ça. Bon allez, fini les conneries, on remonte en selle, on doit rendre visite à quelqu'un et on est pas rendus.



Est-ce qu'il faut des prédispositions ? Je sais pas. Est-ce qu'on en avait ? Peut-être. Une chose est sûre, faut pas se prendre pour un justicier, parce qu'on en est pas un. On passe 4 ans de sa vie à tuer sans raison, on continue sans en avoir plus, on fait ça parce qu'on le fait, c'est tout. Si on était vraiment des justiciers on refilerait le pognon aux orphelins ou je ne sais quelle connerie, mais moi j'aimais trop le fric pour ça.
Est-ce qu'il faut des prédispositions ? Finalement je crois bien qu'il faut être un enfoiré, sinon on gère pas. Si on a survécu à la Guerre Civile et à toute ces années de chasse à l'homme je crois bien que c'est parce qu'on a pas hésité à faire des sacrifices... enfin, à laisser d'autres se sacrifier pour qu'on puisse continuer à vivre. J'étais pas prêt à crever pour un uniforme, je le suis encore moins pour une sorte de justice ou je ne sais quoi. Quand je choisi une cible, je vais pas rendre justice, je vais juste chercher de l'argent, et faut quand même être sacrément con pour mourir pour du pognon...


Le destin... On naît pas avec un destin tout tracé. C'est les choix qu'on fait qui l'écrivent. Certains de ces choix, en plus de l'écrire, le scellent. Dès qu'on franchit certains seuils on peut pas faire demi tour, comme si la flaque qu'on venait d'enjamber c'était muée en océan. Et plus on recule pour prendre de l'élan, plus il s'étend à l'horizon. Dans ces cas là, on a une seule et unique chose à faire. On fait demi tour et on trace sa route, on assume ses choix, on accepte le destin qu'on s'est créé.
Il suffit de pas grand chose, une connerie, à un moment précis, un détail au premier abord. Mais une fois que c'est fait, sans le savoir on a déjà un flingue appuyé contre la tempe. Et même si ça prend du temps, un doigt finira par appuyer sur la gâchette.
Après tout, à peine né on est déjà destiné à mourir, à nous de faire en sorte de crever convenablement.


http://www.youtube.com/watch?v=GN52vq7xmas

- Dwayne McArrow ? Putain Red, je suis sûr que j'ai déjà entendu ce nom quelque part.

- Des Irlandais y'en a des tonnes par ici, c'est pas étonnant.

- Non mais là sérieux, j'ai déjà croisé cet enfoiré. Mais bordel, impossible de me souvenir où ni quand ?

- Sans doute un mec a qui t'as foutu une dérouillée un soir de picole...

- Ca y'est ! Je l'remet... c'était un putain de troufion au 22nd, on s'était foutu sur la tronche dans un match à pari, juste avant Bull Run... Il avait bien dégusté.

- Et il devient quoi ton pote ?

- Il a mal tourné...

- Ah ouais ?

- Ouais, il a tué des gens.

- ...

- Non mais, gratuitement j'veux dire, enfin sans raison.

- Et en quoi ça nous concerne ?

- Tu te sens pas concerné par 900$ toi ?

- Et il est ou cet enfoiré ?

- Planqué dans une ferme, pas très loin d'ici, on peut y être dans moins de 3h.

- Alors on est partis.


Red et Billy partirent au galop en direction de la petite ferme de River Ridge, élevage de porcs perdu au milieu d'une plaine semi désertique.
Ils rejoignirent la ferme alors que la nuit commençait à tomber.
Red resta en retrait, à une centaine de mètres de la ferme. juché sur une colline il dominait l'exploitation dans son intégralité, sa Henry à portée de main
Billy s'était rapproché de la vieille bâtisse et alla frapper à la porte.

- Dwayne ! C'est Billy Willis, un vieux pote à toi. Je sais pas si tu te souviens de moi, mais quelques jours avant Bull Run, j'avais démoli ta sale gueule de rouquin, j'avais empoché un bon paquet de fric à l'époque, et il parait que si je recommence aujourd'hui je m'en tire avec 900$. Du coup je voudrais bien que tu m'ouvres, j'ai pas que ça à foutre et je commence à me cailler les miches dehors.

L'endroit était plongé dans le silence, Billy entendit donc très distinctement une porte s'ouvrir et un cheval se lancer au galop.

- Bordel de merde, pourquoi faut toujours que je tombe sur des trous de balle ?
Il tira un coup de feu en l'air afin de prévenir Red.

Celui ci épaula son fusil, et ouvrit le feu à 2 reprises.
La première des 2 balles traversa la cuisse du fugitif avant de finir sa course dans le poumon du cheval, la seconde vint frapper le coeur de l'animal. Celui-ci s'effondra sur le flanc, clouant par la même Dwayne au sol, incapable de dégager sa jambe écrasée par le poids de sa monture.

Billy eu tôt fait de le rejoindre. Plus loin, Red remonta sur son cheval et se dirigea au trot vers les 2 hommes.


- Jolis tirs Red

- Merci, mais je suis sûr que t'aurais fait mieux.

- Sans aucun doute.

Billy monta sur la carcasse du cheval et se mit à sauter dessus, faisant hurler Dwayne de douleur.

- Oh merde, je t'avais pas vu. Ca fait mal quand je fais ça ?

- Va te faire foutre

Billy lança un coup de pied au visage de sa victime

- J'aime pas qu'on me parle comme ça, surtout les merdes dans ton genre. Je veux pas savoir ce que t'as fait, et j'en ai rien à secouer. Pour moi t'es juste un paquet de pognon.

Billy se retourna vers Red, celui ci, d'un signe de la main lui fit comprendre qu'il avait le champs libre.
Doucement, il s'approcha de la tête de Dwayne, appuyant de tout son poids sur la carcasse du cheval. Il saisi la tignasse rousse et fixa longuement le regard terrifié de McArrow, incapable même de supplier qu'on épargne sa vie.
Doucement, et sans un mot il tira de sa botte un couteau immaculé qu'il fit ensuite glisser le long du crâne de sa victime.
Il se releva et contempla triomphalement son trophée. Par terre, Dwayne McArrow hurlait à en faire fuir les charognards.
Red s'approcha de lui et mit fin à ses souffrances d'une balle au milieu du front.


Il n'y a pas de petite décision dans la vie, tout à des répercussions, plus ou moins importantes certes. Mais une chose est sûre, quand on dégomme des mecs sans raison, faut pas s'attendre à finir autrement qu'en trophée de chasse ou qu'au bout d'une corde à se faire becter les yeux par les vautours

La première fois que tu te prends de la cervelle et du sang dans le visage c'est... étrange. T'es dans la ligne, à côté d'un inconnu, et la seconde d'après, une balle lui éclate la boite crânienne et tu te retrouves avec des petits morceaux de ce même types partout sur la gueule, sur les fringues... c'est vraiment de la merde, ça s'infiltre partout, impossible de s'en débarrasser, on fini par sentir la charogne, mais on a vite fait de s'habituer à l'odeur.
C'est pas propre, faut pas hésiter à y mettre les mains, c'est le boulot qui veut ça, mais y'a quelque chose d'assez plaisant dans tout ça. Un peu déroutant....



Octobre 1864, quelque part dans le Tennessee

- Surtout, reste bien planqué Billy, j'ai pas envie que ces connards nous tombent dessus.

- T'es sûr de pas avoir oublié quelque chose dans ta tente ?

- Quoi ?

- Tes couilles. Putain, depuis quand t'as peur des Yankees ?

- Depuis qu'ils sont une bonne centaine à se balader dans le coin.

- Je t'accorde celle là. Bon, du coup on fait quoi ?

- On attend la nuit, on retrouve ce connard de traître, on le crève, on récupère les lettres qu'il a avec lui et on retourne se pieuter... En essayant de pas alerter la moitié de l'Etat de notre présence.

- Cela va de soi.


Red et Billy étaient tapis dans un bosquet à 150m du camp d'un Etat-Major Nordiste. Toute la journée ils surveillèrent les allers et venues des estafettes qui apportaient et transmettaient ordres et informations.
Lorsque la nuit fut assez sombre, ils sortirent discrètement de leur cachette, et, progressant à couvert dans les hautes herbes, s'approchèrent du campement.

- T'as vu dans quel coin il était ? chuchota Billy

- Plutôt dans le fond, on va devoir contourner le camp.

- On aura plus vite fait si on traverse, et on pourra se planquer plus facilement.

- Ouais, t'as raison, je passe devant. Et si tu dois en buter un, vas y au couteau.

- T'en fais pas pour ça.



Red et Billy se glissaient entre les tentes, avançant doucement et sans un bruit. Leur progression se fit sans encombre, mais ils approchaient du centre du bivouac. Sans couverture possible, et éclairé par un feu de camp auprès du quel se réchauffaient les soldats de garde, la petite place serait difficile à traverser.
Billy ramassa une petite branche par terre et la brisa. Le bruit fit tourner la tête à un des 2 garde assis près du feu.

- Bon, ils ont pas l'air de vouloir se ramener, chuchota Billy.

- On fait quoi du coup ?

- Attends, j'ai peut être une idée.

Billy plongea la main sous la tente derrière laquelle ils se cachaient, il chercha à tâtons quelque chose qui pourrait lui être utile.

- Ah...

- T'as trouvé ton bonheur ?

- J'espère...

Billy extirpa de la tente une vieille couverture foncée, à moitié dévorée par de la vermine.

- Et bah non, tant pis, ca fera l'affaire.

Il jeta la couverture sur ses épaules, et traversa l'allée centrale d'un bon pas.
Les gardes se levèrent et se rapprochèrent doucement.
Arrivés au niveau de Billy, l'un d'eux alla vers Billy, tandis que l'autre, resté dans l'allée, les observait, tournant le dos à Red.

Le premier Yankee interpella Billy en lui posant une main sur l'épaule. Celui ci se retourna brusquement, plongeant son couteau dans le visage du soldat. Au même instant, Red lança sa propre arme, qui termina sa course dans la nuque du second Nordiste, avant même que ce dernier n'ait pu réagir.

Ils reprirent ensuite leur progression, dans un campement maintenant quasi désert.
Ils eurent tôt fait de se retrouver devant la tente de leur cible. Un soldat Confédéré passé à l'ennemi, qui avait volé des plans et des correspondances militaire lorsqu'il avait trahi les Etats Confédérés.
Red pénétra dans la tente, et, reconnaissant immédiatement l'homme, lui trancha la gorge.

- Et les plans ? demanda Billy

- Surement dans la tente de commandement...

- Bon, allons-y alors.

Empruntant le même chemin qu'à l'aller, Billy et Red s'approchèrent de la tente de l'officier en charge du camp.
Le camps laissé sans surveillance, ils entrèrent et commencèrent leurs recherches, prenant grand soin de ne pas réveiller l'Officier qui ronflait bruyamment à côté d'eux. Au bout de 10 minutes, Red trouva la petite pochette en cuit brun qui contenait les documents.
Alors qu'ils s’apprêtaient à sortir, Billy s'arrêta, et tourna la tête vers l'officier.
Dégainant sa dague, il s'approcha doucement de lui. Il fit danser la pointe de l'arme le long du coup du vieux soldat puis vint doucement la presser sous son menton. Ce dernier se réveilla brusquement, il fixa Billy, les yeux écarquillés. Il n'eut pas le temps de réaliser ce qui lui arrivait...

Une fois sorti de la tente, Billy s'adressa à Red

- Attends, j'ai une dernière chose à faire.

- Encore ? Tu crois pas que t'as eu assez d'extras pour aujourd'hui ?

- C'est pas grand chose.

Il se dirigea vers le mât au sommet duquel flottait la bannière étoilée des Etats du Nord. Il fit descendre le drapeau, le jeta dans le feu et le remplaça par le pavillon Confédéré qu'il venait de sortir de sa besace.

- Élève toi ma belle... mon dieu, j'aimerais tellement voir leur tronche demain matin.

- Moi aussi. Bon allez, on décampe maintenant les soldats se lèvent tôt.



Non, c'est pas déplaisant, c'est même plutôt agréable...

Je me suis souvent demandé ce qui nous différenciait des autres hommes, nous les meurtriers assermentés. On est comme les autres à bien des égards. On a faim, on a soif, on a chaud, on a froid, on est capable d'aimer et de haïr, je dirais même que nos sentiments sont souvent plus forts que chez le commun des mortels. Mais quand il s'agit d'ôter une vie... plus rien, on répond à l'appel du sang, notre instinct primaire prend le dessus. Il n'est plus question d'amour ou de haine, n'a alors d'importance que le boulot qu'on doit faire. La satisfaction du travail accompli, voilà une sensation des plus humaine, même si on l'a avec un cadavre à nos pieds.

http://www.youtube.com/watch?v=_0i66b7fjcw

Red et Billy, montés sur leurs chevaux, avançaient au pas dans la grande rue de Springtown, bourgade de taille moyenne située au carrefour de plusieurs voies de chemin de fer.
Les gens se retournaient sur leur passage, dans chaque bâtiment longeant la rue, on écartait les rideaux pour suivre leur progression lente dans la ville.
Ils avancèrent ainsi épiés jusqu'au bureau du shérif, situé au bout de la rue.
Ils laissèrent leurs montures et poussèrent la porte du petit bâtiment en briques.
Chapeau rabaissé sur le visage et pieds sur le bureau, le Marshall dormait à poings fermés.
Red s'en approcha et frappa d'un coup sec sur le bureau. Le Marshall failli tomber à la renverse quand il se réveilla en sursaut.

- Que... Que puis je faire pour vous messieurs ? Dit il en ramassant son Stetson tombé au sol.

- Le Shérif est pas là ? Demanda sèchement Red

- Il est au saloon, y'avait du grabuge apparemment.

- Ah, c'est dommage ça, parce qu'on aurait bien voulu le voir nous le shérif...

- Et vous lui voulez quoi ?

- C'est à nous de poser la question, on nous a fait venir ici. Alors déjà qu'on répond jamais à ce genre d'appel, si en plus on nous pose un lapin on risque de pas être très contents.

Resté en retrait, Billy tapait du bout des ongles sur les barreaux de la cellule, essayant de réveiller le Mexicain qui y dormait.

- Billy, tu sais pourquoi le Shérif voulait nous voir ?

- Hein ?

- Est-ce que tu sais ce qu'on fout là ?

- Un mec à descendre j'imagine.

Red se retourna vers le Marshall

- Une idée ?

- J'en sais rien moi, je suis pas sa mère au shérif, allez lui demander, qu'est ce que vous voulez que je vous dise !

- Ok, c'est ce qu'on va faire, mais pas d'embrouilles, je suis jamais de bonne humeur après avoir passé 7h en selle. Billy ! On bouge.

Red quitta le bureau, Billy, lançant un dernier regard emplit de déception vers la cage, le suivit.

Le saloon n'était pas difficile à trouver, ils ne l'étaient jamais, il suffisait de suivre le bruit et les ivrognes.
En s'approchant de la porte ils purent voir le shérif faisant face à 4 hommes. Celui-ci essayait visiblement de les raisonner.

- Ça doit être pour ça qu'on est là je pense, lança Billy à voix basse .

- T'as peut-être pas tort, lui répondit Red en tirant le chien de son Colt.

- Prêt ?

- Quand tu veux.

Placés chacun de part et d'autre des portes à battant du bâtiment, ils ouvrirent le feu sur les 4 hommes, les abattant tous en une poignée de seconde.
Red se risqua à entrer dans l'établissement quand plusieurs coups de feu retentirent. Une balle creusa un profond sillon dans son épaule gauche tandis qu'une demi-douzaine de balles transperça le shérif qui tomba au sol sans un râle.

- Ah les enculés ! Hurla Red, le visage grimaçant.

- Ça va ?

- Ouais, j'en ai mangée d'autres, c'est pas ça la question. Mais qui va nous payer maintenant que l'autre crétin s'est fait descendre ?

- Bande de fils de putes, je vais les crever ces salopards. T'as vu combien ils étaient ?

- J'en ai vu 3 au dessus des escaliers, planqués derrière la rambarde.

- File moi ton flingue, dans 3 secondes on en parle plus.

Red jeta son arme à Billy, celui-ci souffla un grand coup et bondit dans la pièce. A peine eut-il passé la porte que les 3 tireurs sortirent de leur cachette pour faire feu. Billy leva ses revolvers et tira. Un des hommes tomba immédiatement, le front percé, le second prit plusieurs balles dans la poitrine, le troisième, enfin, touché 2 fois, passa par dessus la barrière avant de s'écraser lourdement sur une table qui cassa net.
Billy, contemplant son oeuvre ne vit pas le quatrième qui surgit de derrière le bar.
Une balle siffla à quelques millimètres de son nez, et la seule chose qu'il put voir en se retournant était le dit-homme, chancelant, un couteau planté dans la tempe.

- Joli lancé, dit Billy s'adressant à Red

- Mais de rien, j'allais pas te laisser mourir comme ça.

- Trop aimable. Bon, du coup on fait comment ? Parce que j'aime pas bosser gratos et je doute que l'autre mariole veuille nous donner un petit quelque chose...

- Bah, sers toi sur ces mecs, ils en auront plus besoin.

- Et le shérif ?

- C'est lui qui nous a demandé de venir non ? Il nous doit bien quelques billets.



Pas d'état d'âmes, pas de remords, pas de sentiments, quels qu'ils soient. C'est la clé, ni plus ni moins. Faut juste se vider la tête, et après on peut faire tout ce qu'on a à faire. Comment vous croyez qu'on pourrait rouler sinon ? Même les pires psychopathes finissent par faire une overdose du sang. Mais si on se vide la tête, le sang reste sur nos mains, il prend pas racine dans notre cerveau. Quand tu sais ça, plus rien ne t'arrête

Le pardon. Les biens pensants se disent toujours qu'ils pardonneront tout à tout le monde. Mais le jour ou tu te retrouves en face de quelqu'un à qui tu peux l'accorder, ton pardon, rien n'est moins simple. Le mérite-t-il seulement ? C'est décision encore plus difficile à prendre quand sa survie dépend de ta bonté d'âme

http://www.youtube.com/watch?v=Csyz7_EDRjM

Red et Billy étaient assis au comptoir de la taverne d'un relais, petit établissement perdu dans l'immensité des plaines arides de l'Arizona. Ils avaient passé une bonne partie de la journée là, à élaborer l'emploi du temps de leur semaine à venir. Le soleil avait déjà disparu sous l'horizon depuis longtemps et Billy s'était effondré depuis quelques minutes sur le bar, ronflant bruyamment.
C'est à ce moment que 2 hommes entrèrent dans la pièce. L'un d'eux s'assit à une table tandis que l'autre s'approcha du comptoir. Fronçant les sourcils, il dévisagea Red :

- Hé, mais je te connais toi...

Red, reconnaissant la voix de son interlocuteur répondit doucement.

- C'est bien possible.

- Attends, oui, t'étais un de ces ranger confédéré qu'on a chopé.

- C'est ça.

- Le temps file hein, je vois que tu t'en est sorti. J'ai reprit la boutique de mon père depuis, une petite vie normale quoi. Et toi ? Tu fais quoi depuis que la guerre est finie.

- Ma guerre à moi n'est pas finie.

Red se retourna brusquement, saisit la gorge de l'homme de sa main droite et le plaqua contre le comptoir. Il tira un coup de feu en direction du second inconnu afin de le dissuader de tenter quoi que ce soit. Se réveillant en sursaut, Billy tomba à la renverse. Red approcha son visage de celui de l'homme qu'il maintenait fermement contre le bar.

- Tu crois que j'ai oublié ? Tu crois que je vais te remercier de m'avoir épargné ? Si le reste de notre unité était venu nous secourir un jour plus tard qu'est ce qui me dit que toi et tes petits camarades auraient pas passé leurs nerfs sur moi ? Qui me dit que vous m'auriez pas crevé comme un chien, comme vous avez crevé les autres ?

Il baissa la voix

- Ma guerre ne s'est jamais terminée, Appomattox ne veut rien dire pour moi, pendant des années j'ai traqué et descendu des fumiers, quelle que soit leur allégeance, et j'ai continué. Tu as peut être fait une croix sur toutes les merdes que t'as fait subir aux prisonniers qui croisaient ton chemin, mais fais moi confiance, n'importe qui dans mon cas te ferait la peau.

- ...

- T'essayes de parles ? Peut-être que je serre trop fort ?

Red posa le canon de son arme sur le front de l'ancien Yankee.

- Voilà, je desserre, content ?

- Mer...

Red pressa la détente. Il essuya son visage dégoulinant de sang d'un revers de la manche avant de se retourner vers le second homme qui sorti du bâtiment en courant. Billy le suivit d'un pas incertain. Celui ci franchit la porte, mais presque immédiatement, fit le chemin contraire à reculons. Face à lui se trouvait un géant qui devait bien faire 30cm de plus que lui. Billy, une fois à bonne distance, retira sa veste, retroussa les manches de sa chemise et se mit à faire danser ses poings devant lui. Le colosse s'avançait doucement, un sourire confiant aux lèvres.
Brusquement, Billy fit volte face et, courant dans tous les sens, jetait tout ce qu'il pouvait sur son opposant.
Red regardait la scène, amusé.
Dégageant le mobilier à grands coups de pied, l'homme atteignit vite Billy. Il l'attrapa par la gorge et le souleva du sol.
Il lança un sourire vicieux à Billy, s'imaginant déjà entrain de l'écraser. Mais celui ci répondit à son sourire avant de lui écraser son pied entre les jambes.
Le colosse lâcha immédiatement prise.
Profitant que son adversaire se soit penché en avant, il lui mit un coup de coude sur l'arrière du crâne, l'envoyant immédiatement au tapis.
Billy, toujours chancelant, hoqueta avant de s'adresser à Red qui venait de ranger son arme.

- C'était qui ?

- Une vienne connaissance.

- Ok. Bon, je vais me coucher moi, je suis un peu fatigué.

- Comme tu veux, on part tôt demain matin, tu seras en forme ?

- Mais oui...


C'est plus dur qu'on ne le pense de pardonner? La vengeance a un petit côté satisfaisant dont on ne se lasse pas

Y'a ces types là, moi je les appelle les "âmes en peine". C'est des mecs qui, un jour dans leur vie ont perdu quelque chose, ou plus souvent, quelqu'un. Ca les rend dingue, comme si leur âme s'était envolée en même temps que ce qu'ils ont perdu. Ce sont juste des coquilles vides, ils errent sans fin, leur unique but est de retrouver ce qui leur manque. Et pour ça ils sont prêts à tout. Plus rien d'autre ne compte pour eux, pas même leur propre vie. C'est ce qui fait d'eux les meilleurs, ils osent tout, prennent tous les risques, n'ont aucune peur. Ils s'en foutent de vivre ou mourir, tout ça n'a plus d'importance pour eux. La seule chose qui les empêche de se foutre en l'air ? L'espoir de retrouver ceux qu'ils ont perdu.
Les meilleurs...



http://www.youtube.com/watch?v=hL-X53ze5O0


Red et Billy attendaient. Dans le salon de la Grande Maison de la plantation se tenaient, en plus d'eux, une demi douzaine d'autres chasseurs de prime. Tous jetaient des regards fascinés aux boiseries et meubles ornés de dorures qui ornaient la pièce. Seul un homme, sans doute le plus âgé restait impassible.
Billy, qui n'était pas plus intéressé que lui par ces fioritures s'approcha de lui.

- Billy Willis, et lui là bas, le grand, c'est mon pote Red Erickson.

- J'ai déjà entendu parler de vous, vous y allez pas avec le dos de la cuillère.

- C'est vrai, on tient ça de la guerre.

- Moi c'est Jebediah Roth, mais appelez moi Jeb.

- Ça marche Jeb.

- J'ai déjà entendu votre nom quelque part, enfin j'veux dire, en rapport avec la guerre. Vous avez pas un frangin ?

- Si, Johnny.

- Ouais, ça doit être ça. Une tête brûlée, mais un putain de bon tireur.

- Et il va bien ?

- La dernière fois que je l'ai vu c'était un peu avant la fin des combats, il était plutôt en forme.

- Bien. Sinon, vous savez ce qu'on fout là ? Avec tous ces... types.

Billy balaya l'assemblée du regard. Des 5 autres hommes, 3 semblaient être ensemble, des Mexicains qui portaient tous un grand sombrero noir. Un autre était vêtu d'un costume 3 pièces crème, ses cheveux impeccablement coiffés tombaient sur sa nuque. Le dernier, avaient des allures de vagabond. Il lançait des regards nerveux tout autour de lui tout en tripotant quelque chose dans la poche de son long manteau gris qui traînait par terre.
Billy venait de s'allumer une cigarette quand un homme entra dans la pièce.
Son allure ne trompait pas, il était le propriétaire des lieux et leur commanditaire.

- Bien le bonjour messieurs. J'espère que vous avez tous fait connaissance. Je suis George Arckle, mais vous le savez sans doute. Ma plantation est la cible d'attaques de la part d'un groupe de bandits. En plus de piller mes convois et les recettes de mes ventes, ils volent certains de mes esclaves pour les revendre au marché... noir. Cocasse n'est-ce pas ?
Vous êtes des chasseurs de prime, alors ramenez moi leurs cadavres et je vous paierai 1500 $ chacun. Il semblerait que vous soyez plus nombreux que prévu, peu importe, du moment que le travail est fait.

Plusieurs des chasseurs de prime esquissèrent un sourire.

- Mais je vous préviens, seuls ceux qui reviennent en vie seront payés, alors pas la peine de vous entre-tuer. Maintenant, allez y. Et faites vite !


http://www.youtube.com/watch?v=kfGvnYs-DDo


La pièce se vida en un rien de temps. Les premiers dehors furent les mexicains, qui s'élancèrent au galop en poussant de grands cris.
Le vagabond, enfourcha sa mule et parti au trot peu de temps après.
Red et Billy le regardaient, mi-amusés, mi-surpris. Comment pouvait on faire appel à cet homme ?
Jebediah, étudiait une carte de la région et marquait des endroits d'une petite croix.
L'homme au costume, appuyé contre une colonne de la maison, fumait un immense cigare. Il ne semblait pas plus intéressé que ça par le contrat.
Red se tourna vers lui.

- Red Erickson, je peux savoir à qui j'ai l'honneur de...

- Laisse tomber, ça n'a aucune importance, tu le sauras le moment venu.

Cette réponse laissa Red sans voix. L'homme éteignit son cigare contre la colonne, laissant un cercle noir sur le marbre blanc de l'édifice. Il le remit dans sa poche et se dirigea vers son cheval. Il s'éloigna au galop de la maison.

- C'est qui cet enfoiré ? siffla Billy

- Pas la moindre foutue idée, répondit Red.

Jebediah avait disparu pendant l’altercation qui venait de se produire, laissant Red et Billy seuls encore à la plantation.

- Bon, je crois qu'il est grand temps pour nous de décoller si on veut flinguer quelque chose Billy.

- T'as bien raison, je te suis !



Faut pas non plus croire que tous les cinglés sont dans cette situation, certains juste, et bin, des cinglés.

Quand on chasse, tous nos sens sont en éveil. Il faut faire attention à tout, au moindre détail, même le plus insignifiant. C'est ce qu'on vous apprend en temps de guerre. On nous a apprit à considérer l'ennemi comme du gibier. Chaque homme abattu n'est plus qu'un trophée. Quand on a fait ça assez longtemps, on est capable de capter l'odeur de la peur. Ça dégage quelque chose de particulier un homme terrifié, qui sait la mort à ses trousses, c'est grisant. Ça ne rend la chasse que plus excitante


http://www.youtube.com/watch?v=XF_qcz9lwGw


Red et Billy avaient laissé leurs chevaux à la limite de l'exploitation. Traquer dans la forêt de pins qui s'étendait devant eux serait bien plus aisé à pied.

- Ça te rappelle rien Red ?

- Oh que si, mais à l'époque tu te trimbalais pas en rouge vif...

- Ferme la.

- Pardon ?

- Non, sérieusement, j'ai entendu quelque chose.

Plusieurs coups de feu distants venaient en effet de retentir.

- Par là, dit Billy, en s'élançant vers une colline.

Leurs années de chasse à l'homme pendant la guerre avaient rendu leur pied agile. Ils se déplaçaient à grandes enjambées entres les branches mortes et les souches, leurs pas ne faisaient presque aucun bruit. Ils gravirent le petit promontoire rocheux et se tapirent à son sommet. Plusieurs dizaines de mètres plus loin, en contrebas, ils aperçurent du mouvement entre les arbres. Un cheval galopait vers la sortie de la forêt. Il traînait un des Mexicains derrière lui, le pied coincé dans l'étrier.

- Ne fait rien, glissa Billy à Red. On attend, on va pas risquer notre vie pour des chicanos.


Plus loin, dans une clairière, les 2 Mexicains encore en vie faisaient face à 3 des brigands recherchés. A couvert derrière un séquoia abattu, ils rechargeaient leurs armes. De l'autre côté de la clairière les bandits faisaient de même.
Il se passa quelques minutes, les 2 partis attendaient que l'autre commette une erreur.
Un des Mexicains leva le tête afin d'observer leurs adversaires, presque aussitôt une balle vint frapper le tronc du conifère. La fusillade reprit alors de plus belle.
Le même Mexicain prit une balle dans la gorge, il tomba sur le dos, agonisant alors que son sang se rependait sur le sol.
Le second réussi à abattre un bandit d'une balle dans la poitrine, mais, alors qu'il tirait ses dernières munitions, sa situation était des plus désespérée. Il reçu une balle dans l'épaule droite. Se blottissant derrière sa cachette, il grimaçait en attendant la mort.
Il entendait les pas de ses meurtriers craquer sur le sol, les uns après les autres. Ils se rapprochaient...
Sortis de nulle part, 2 coups furent tirés. Le Mexicain entendit clairement les 2 bandits tomber au sol, morts.
Il se risqua à sortir la tête. Au milieu de la clairière se tenait l'homme au costume, une arme encore fumante à la main.
Il s'approcha de lui, pressa sa main gauche contre son épaule blessée.

- Gracias amigo, je me croyais bon pour l'enfer cette fois.

- Mais de rien.

L'homme lui lança un petit sourire, il le fixa droit dans les yeux, et lui logea une balle dans l'oeil gauche.
Le Mexicain, avant même de réaliser ce qui lui arrivait s'écroula sur le tapis de feuilles et de branchages qui jonchait le sol.
L'homme rengaina son arme et s'enfonça tranquillement dans la forêt.


Rien ne doit nous échapper, si on rate le moindre détail... on est mort

On raconte plein de choses au sujet de la mort, enfin, du moment auquel on meurt. Certains disent que notre vie défile devant nos yeux, d'autres qu'on s'engouffre dans un long tunnel dont on débouche en suivant une lumière blanche.
Moi, ce que je pense, c'est qu'on a juste droit à un trou noir, et puis plus rien. Plus rien n'existe, n'a existé ou n'existera. On disparaît purement et simplement, nos souvenirs s'effacent, il n'y a plus que les ténèbres, pour l'éternité. Mais comme on est mort, ça n'a aucune importance en fin de compte


http://www.youtube.com/watch?v=GgLYIjdMPD4


- Par là.

Billy suivait une piste au travers des bois. Voilà plusieurs heures qu'il l'avait repéré. Le sol était tassé, et la végétation, bien qu'elle recouvrait le semblant de sentier qui serpentait entre les arbres, n'y poussait plus. Il y avait là un passage emprunté fréquemment.
Il avait d'abord pensé à une coulée de cerf, mais quel cerf sème des mégots de cigarette sur son chemin ?

- Attend ! Billy, y'a un truc.

- Quoi ?

- Tu sens rien ?

- De la merde de cheval ?

- Entre autre.

- Alors ils doivent pas être loin. On avance.

Tous deux empoignèrent leur revolver et avancèrent, pas à pas, dans les fourrés. Ils aperçurent vite une petite cabane perdue dans une clairière, 3 chevaux étaient attachés devant la porte.
La porte s'ouvrit, et un homme ne portant qu'une chemise sale et un pantalon noir sorti de la masure. Il se racla la gorge et cracha bruyamment. Il fit quelque pas et s'en retourna vers la cabane.

- Il m'avait pas l'air armé, chuchota Billy.

- Mouais, c'est pas net, allons voir, mais reste sur tes gardes.

- Je te suis.

Leurs armes toujours à la main, ils s'approchèrent de la porte que Red défonça d'un coup de pied. Les 3 hommes à l'intérieur sursautèrent.

- Tirez pas bordel, on a rien fait, cria le premier.

- On se calme, répondit Billy. Pas de connerie , on cherche juste quelqu'un.

- C'est pas ici que vous trouverez votre bonheur, foutez le camp, leur lança un second vagabond.

- J'veux bien vous croire, allez vient Red, on sort d'ici, ça pue trop.

Alors qu'ils demi tour, l'un des résident de la cabane, tapota l'épaule d'un second et lui désigna un papier posé sur la table d'un signe de la tête. Ce dernier porta la main à sa ceinture et tira le chien de son colt.
Le déclic passa presque inaperçu, mais Billy fit immédiatement volte face, abattant l'homme. Il retourna une table afin que lui et Red puissent s'abriter derrière alors que les 2 survivants ouvraient le feu.
Alors que la fusillade faisait rage, la cabane en bois prit feu. Le brasier venait de nulle part, aucune bougie, aucune lampe ou brasero n'était présent dans ou à l'extérieur de la maison.


- C'est quoi ce merdier ? Hurla Billy, en regardant le feu qui se propageait sur le toit

- Ces 2 connards semblent pas être les seuls à vouloir notre mort. Faut qu'on se casse d'ici, et vite.

Abrité derrière une simple chaise, l'un des homme fut transpercé de plusieurs balles. Le second sorti de sa cachette les mains en l'air. Mais un morceau du toit en feu s'écrasa sur le plancher, projetant des flammes autour de lui, embrasant les vêtements de l'homme qui se mit à courir en hurlant.


- Allez, bouge toi Billy, on sort de là.

S'aventurant hors de la cachette, ils se précipitèrent vers la porte. Les chevaux, paniqués avaient arraché la mince poutre à laquelle ils étaient attachés et galopaient maintenant dans la forêt.
Au moment ou ils franchirent le seuil, Red aperçut, une silhouette disparaître dans les bois. Avant qu'il ne tenta quoi que ce soit, elle était déjà loin, le bruit d'un animal au trot témoignant de sa fuite.
Red contemplait la maison entrain de s'effondrer. Derrière lui, Billy fixait, l'air sévère les restes d'une feuille calcinée qu'il avait ramassé avant de sortir.

- C'est quoi ? Demande Red

- Ça ? C'est un contrat...

- Et qui est l'heureux élu ?

- Nous...


Même si tout le monde veut savoir ce qu'il se passe après, je doute très fortement que quiconque soit pressé de le savoir...

Etre une proie ne veut pas forcément veut dire s'enfuir. Une proie peut être le prédateur de ceux qui la chassent. Une bonne proie peut se révéler être un excellent traquer, si le stratagème n'est pas découvert on peut renverser la vapeur et se retrouver à chasser notre prédateur sans que celui ci ne s'en rende compte. Tout n'est qu'une question de sens et de prudence

http://www.youtube.com/watch?v=AFa1-kciCb4

Billy faisait les cent pas dans la clairière.

- Je comprends plus rien là. Qui voudrait notre peau ?

- Je sais pas, une bonne moitié du pays je dirais.

- Non mais là je le sens pas, mais alors pas du tout. Faut qu'on mette les voiles.

- Ou qu'on prenne l'avantage.

- Je te suis plus...

- Le mec qu'a foutu le feu à ce tas de merde l'a pas fait pour rien. Faut qu'on le retrouve.

- Et on fait comment ?

- Cet enfoiré est reparti à cheval, on le suivra à la trace sans problème.

- Ouais, bin il devait pas être gros son cheval. Au bruit qu'il faisait je pencherait plus sur un âne... ou une mule à la rigueur.

- Une mule ? Ça te rappelle personne ?

- Y'a aucune putain de logique dans tout ce foutoir.


- Ça vous l'avez dit messieurs.

D'un pas calme l'homme au costume progressait vers Red et Billy.

- Qu'est ce que tu fous là ? Dit Billy

- Oh, j'ai vu de la fumé, j'ai eu peur que quelqu'un m'ait devancé.

- Tout ce bordel commence à me gonfler. T'es là pour nous descendre ? Alors vient, réglons ça comme des hommes.

- Voilà tout ce que je voulais entendre.

- Red, si ça part en couille, assure toi que ce fumier le regrette.

- Ok.

Red alla s'appuyer contre le tronc d'un énorme conifère et commença à nettoyer son arme.


Billy et son adversaire se faisaient face. Il fit craquer ses doigts, les uns après les autres.Ses pieds enfoncés dans le sol, il attendait.
Les 2 hommes ne se quittaient pas des yeux. L'homme au costume approcha lentement sa main de la crosse nacrée de son Smith&Wesson. D'un geste vif, il dégaina, et tira. Billy l'imita aussitôt. Les balles se croisèrent à mi chemin et chacune toucha sa cible.
Billy, touché à la cuisse, flancha et tomba à genoux au sol. Red vint l'aider à se relever.
Le second homme s'en était moins bien sorti. Touché au ventre il se tordait de douleur sur le sol.
Billy, soutenu par Red, avança péniblement jusqu'à lui.

- Tu fais mois le fier fils de pute.
On pouvait lire la douleur sur le visage de Billy. Le sang coulait le long de sa jambe et se rependait sur le sol.

- C'est quoi l'histoire ? Parle enfoiré !

L'homme se redressa légèrement, juste assez pour cracher un mélange de sang et d'autres fluides aux pieds de Billy avant de retomber lourdement sur le dos. Billy tira, droit dans le front.

- Il aurait rien dit. Fait lui les poches Red.

- D'abord on va essayer de te retaper un peu. File moi ton whisky.

- Hors de question.

- Fait pas le con, file moi cette flask.

- Non

- J'en ai besoin pour réparer tes conneries.

- Et si j'ai soif ?

- Donne, ou je te bute...

A contrecœur, Billy tendit son précieux flacon à Red.
Celui ci en aspergea la blessure de Billy et, plongeant la lame de son poignard dans la plaie, retira la balle. Il posa ensuite son couteau sur les braises qui restaient de la cabane. Une fois la lame portée à rouge, il la pressa contre la jambe de Billy.

- Enculé, je vais te faire la peau, putain, t'as de la chance que je sois amoché sinon je t'aurais crevé sale chien !

- La ferme Billy...

- Putain, ça fait mal... mais ça sent bon.

- T'es grave... Bouge pas pendant quelques minutes, va pas tout rouvrir. Je vais voir ce que ce fumier cachait dans ses poches.



Quand des mecs veulent notre peau, on a vite fait de se dire qu'avec une balle dans la cuisse on s'en sort pas trop mal. Ce qui compte, c'est de rester en vie assez longtemps pour obtenir des réponses... et sa vengeance.

Par Nade

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